Aux origines du cinéma africain : le combat d’un continent pour raconter sa propre histoire

Date / 2026-05-14

Auteur / Nathan Muteba Cinéaste et fondateur d’akili-Créatif

Aux origines du cinéma africain : le combat d’un continent pour raconter sa propre histoire
Le cinéma africain est né dans un contexte où l’Afrique était principalement filmée par des regards étrangers durant la période coloniale. Les premières images du continent servaient souvent à alimenter les imaginaires occidentaux en présentant l’Afrique comme un territoire exotique ou sauvage. Après les indépendances, plusieurs intellectuels et réalisateurs africains ont compris que la liberté politique devait aussi passer par la maîtrise du récit culturel et de l’image du continent. Dans les années 1960, des pionniers comme Ousmane Sembène ont posé les bases d’un cinéma africain engagé, destiné à raconter les réalités sociales, politiques et culturelles des peuples africains. Le cinéma devient alors un outil d’éducation, de résistance et de conscientisation. La création du FESPACO au Burkina Faso renforcera cette dynamique en offrant une vitrine internationale aux œuvres africaines. Malgré son immense richesse artistique, le cinéma africain a longtemps souffert de nombreux obstacles : manque de financement, disparition des salles de cinéma, dépendance aux aides étrangères et faibles réseaux de distribution. Cependant, certains pays comme le Nigeria ont réussi à transformer ces difficultés en opportunités avec la naissance de Nollywood, devenue l’une des plus grandes industries cinématographiques au monde grâce à une production rapide et populaire adaptée au marché africain. Aujourd’hui, le numérique et les plateformes de diffusion ouvrent une nouvelle ère pour les créateurs africains. Une nouvelle génération de cinéastes cherche non seulement à produire des films, mais aussi à structurer une véritable industrie culturelle africaine capable de préserver la mémoire, valoriser les identités locales et renforcer la souveraineté du narratif africain dans le monde.